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Petit pays de l’Afrique de l’ouest (2 fois plus petit que la France)Le burkina-faso compte un peu plus de 13M d’hts. Il est enclavé entre Mali, Niger, Bénin, Togo, Ghana et Côte d’Ivoire. Sa capitale, Ouagadougou, compte environ 1 million d'habitants. La population vient de tout le pays pour y travailler. A travers notre beau pare-brise légèrement ébréché, Ouaga défile devant nous, grandes avenues goudronnées avec quelques constructions et sculptures modernes, et quartiers populaires en terre battue alternent dans une apparente bonne humeur. Ouaga contrairement à d’autres capitales africaines, et encore relativement épargnée par la bétonnisation à outrance et par l’édification de bidonvilles.
Un peu d’histoire:
Le Burkina-Faso est l’héritier d’une longue histoire qui commence au 7ème siècle de notre ère. Il fait successivement partie de l’empire du Ghana et du Mali puis du royaume Mossi (Les Mossi sont toujours l’ethnie majoritaire au Burkina-Faso.) De 1900 à1960 il est inclus dans l’Afrique Occidentale Française et prend le nom de Haute Volta. IL fournit comme ses voisins, de la chair à canon à l’armée française pendant les deux guerres.
En 196O la Haute Volta devient indépendante. Mais jusqu’en 1983, son instabilité politique rivalise avec celle de beaucoup d’autres pays africains aux fortes rivalités ethniques. Mais Thomas Sankara prend le pouvoir en 1983. Un an plus tard, Il rend à la Haute Volta son nom africain le Burkina-Faso et son honneur. Ce chef emblématique de la nouvelle république (il fera beaucoup, entre autre, pour la libération des femmes) est assassiné en 1987 et c’est toujours son ancien compagnon de route Blaise Compaoré qui est président du Burkina-Faso.
Langues:
Les langues parlées au Burkina-Faso sont bien entendu, étant donné son long passé colonial, le Français. Mais beaucoup de dialectes sont utilisés suivant la localisation des 65 ethnies, dont celui de l’ethnie majoritaire le Moré, parlé par les Mossi, qui habitent un large centre autour de Ouagadougou.
Ressources:
Les richesses du pays comme pour la plupart des pays africains viennent de l’agriculture et de l’élevage. Près de 90% des Burkinabé sont agriculteurs.!…Ils cultivent coton, mil, sorgho, arachides, riz, maïs,bananes … Ils élèvent chèvres, moutons, vaches (appelées zébus) les porcs pour les non musulmans, et beaucoup de volailles…
Les ressources importantes du sous-sol, or, manganèse
cuivre zinc… sont sous exploitées à cause du manque d’infrastructures et du coût élevé de l’énergie. Le textile complète l’éventail industriel du pays.
Religion
Le Burkina-Faso compte environ 50% de musulmans. Le pays a été islamisé très tôt (vers le 8ème siècle).Si l’imam représente l’autorité religieuse il n’en est pas pour autant le chef du village. L’islam burkinabé est modéré et tolérant et toutes les religions (catholique, protestante, animiste) se côtoient sans problèmes…De quoi donner à réfléchir à beaucoup d’autres pays…La question du foulard ne se pose pas: les femmes sont tête nue ou portent de splendides coiffes africaines, rien de religieux puisque les animistes et les chrétiennes en portent également.

Le BF compte également un peu plus de 12% de chrétiens mais la majorité de la population reste attachée aux traditions et continue de pratiquer l’animisme à entrer en communication avec les ancêtres et les divinités à travers les fétiches, et par l’intermédiaires des animaux sacrés.
Ici la mare aux crocodiles sacrés de Bazoulé. Selon la légende, il faut faire un vœu puis offrir en sacrifice, un poulet vivant au doyen de caïmans. Le doyen a 500 ans dit-on ! si celui-ci l’accepte, le voeu se réalisera.
Géographie
Bien que le Burkina-Faso soit dans une région sèche, il draine sur son territoire les bassins des trois grands fleuves ouest africain :
Au nord et à l’est les affluents du Niger, au centre le bassin des 3 Volta dont la plus importante est le Mouhoun (Volta Noire)
A l’ouest le bassin de la Comoé prend sa source dans les falaises de Banfora qui permettent aux cascades de Karfiguièla de déployer toutes leurs splendeurs. Les eaux de la Comoé alimentent également le magnifique lac de Tengréla, habité par de placides hippopotames.

Le BF est un pays plutôt »plat » mais on s’aperçoit vite qu’une multitude de collines, de gros rochers aux formes curieuses cassent la monotonie du paysage. Au S O les pics de Sindou (non loin du mont Téné Kourou pt culminant avec ses 749m) sculptures monumentales façonnées dans la roche par les pluies et les vents montrent toute la beauté dont la nature est capable. 
Au milieu de ces paysages à la splendeur sauvage, quelques arbres « providence » poussent; Le baobab donne son ombre bienfaisante, le manguier, ses fruits et les vieux caïcédrats forment des allées à la luxuriance équatoriale. De nombreux animaux sauvages ont disparu des plaines burkinabé, mais des antilopes et des éléphants résident toujours dans le sud du pays, à la reserve de Nazinga.
Habitat:
En zone rurale, il existe plusieurs types d’architecture. Le type d’habitation change en fonction des ethnies rencontrées. Les cases Peul sont de paille, les cases Mossi, en banco (sorte de torchis). Mais partout, l’habitation familiale se compose de plusieurs cases ou chambres construites autour d’une cour, entourée d’un mur d’enceinte. L’architecture est souvent uniforme, et c’est avec surprise et admiration que nous découvrons le village de Boura. Les décorations en forme de dômes allongés, probablement inspirés, dans ce village musulman des mosquées mauresques, sont presque uniques au Burkina.
Dans le sud, les bâtisses ont une forme orthogonale ou ronde. Le chef de famille ainsi que chacune de ses épouses, possède sa chambre.
Il existe des lieux communs. Les hommes possèdent un espace: un banc, ou plus largement un endroit où s’asseoir et palabrer.
Un ou plusieurs greniers à céréales font partis intégrante de l’habitation.

Le point d’eau sert à plusieurs familles. L’eau est un problème majeur en Afrique. Certains villages ne possèdent pas de pompes à eau, et doivent se contenter de puits rudimentaires.
La toilette se fait dans un endroit prévu à cet effet. Les latrines n’existent pas ou peu.
Alimentation:
Le plat traditionnel est le « tô », composé d’une pâte à base de mil ou de sorgho pilé. Il est généralement servi avec une sauce à la viande. Les graines d'arachide sont cultivées pour leurs cacahuètes ou pour leur huile. On peut également déguster des alocos. (Morceaux de bananes plantains frits dans l’huile de palme). Ou encore des galettes de mil ou de maïs, et des beignets à la banane. Mais le riz cuit dans la graisse animale, reste l’aliment principal. Les aliments sont aussi préparés pour le commerce sur les marchés.
Société:
L’organisation sociale au BF est régie par des codes complexes, spécifiques à chaque ethnie. Plusieurs ethnies obéissent soit au chef du village, soit au chef de famille. Seuls les Mossi et les Gourmantché sont, ou furent, organisés en royaume. Mais la société africaine n’exclut aucun de ses membres: handicapés personnes âgées, ou « idiot du village », font partie de la vie sociale.
La place des femmes:
Si la femme burkinabé (qui doit partager la couche de l’époux avec d’autres concubines) s’occupe, comme dans toutes les sociétés traditionnelles (y compris en France) de préparer le repas, d’aller chercher l’eau, de laver le linge, de s’occuper des enfants, elle tient un rôle très important. De nombreuses femmes s’occupent activement de ce qui a trait au développement du pays et au bien être de ses habitants : alphabétisation, lutte contre l’excision, prévention du SIDA… Le 8 mars, jour de la femme, est férié au BF. En ville, les femmes assurent les postes à responsabilité aussi bien que les hommes.
L’indice de fécondité étant de 6,5 contre 1,8 en France, on ne peut faire un pas dans le pays sans croiser des myriades d’enfants, qui, s’ils ne sont pas scolarisés, jouent à des jeux de fortune, ou s’éclatent sur un vieux baby foot. Les trop rares écoles son souvent surpeuplées, mais les enfants se montrent très motivés. Ils ont soif de ce savoir qui leur permettra d’accéder à un meilleur statut social et de barrer la route à une pauvreté endémique.
Danse, musique et artisanat:
La danse est la seconde nature des Africains, et l’ont comme on dit « dans le sang ». Le rythme doucement s’établit, on frappe dans les mains.

Si l’usage du djembé ou du balafon est réservé aux hommes, tout le monde danse. Chaque ethnie possède ses propres chorégraphies traditionnelles. Ici les Dagara, ou encore les Sissala. Le BF, au cœur de l’ouest du continent bat au rythme millénaire de la profonde Afrique, berceau de l’humanité.
L’artisanat Burkinabé est d’une richesse éblouissante. Il fait partie des occupations quotidiennes. Les Burkinabé sont d’admirables artistes. Les objets en bronze obtenus grâce à la technique de la cire perdue, ont fait la renommée des cours royales. Les batiks dessinés et peints à la main grâce à des colorants naturels, et tissés en coton méritent le détour.Quant à la sculpture sur bois, elle est sacrée. Chaque bois a une particularité. Certains sont mêmes habités par des esprits. Lors de la fabrication d’un masque, l’artiste transmet une âme à l’objet créé, et là on revient à l’essentiel. On ne peut aller au BF sans y rencontrer des âmes, et y laisser un peu de la sienne.
Niveau de vie:
Évoquer le Burkina-Faso sans parler de la misère est aussi y perdre son âme. Le BF est l’un des pays les plus pauvres de notre planète.Son PNB le place en 214ème position sur 227 pays répertoriés!…L’espérance de vie est de 46 ans environ (pour 78 et 86 ans en France) la grande misère africaine avec ses hôpitaux de campagne sans matériel, ses malades du SIDA, ou paludéens avec peu ou pas de médecins, peu ou pas de médicaments, trop chers pour eux. Les enfants aux gros ventres dénutris ou mal nutris, et toute cette poussière de désert, du désert du cœur de l’homme occidental, qui oublie ses racines, ses frères de là bas, qui oublie une part de son âme. Là bas, justement dans ce petit pays enclavé, même pas touristique, sans plages, sans palmiers sur les plages, sans riches voyageurs, là bas, l’âme des gens, des autochtones, des indigènes, des êtres humains noir ébène, là bas l’âme des gens se donne, se mêle au son des rythmes sacrés toujours sacrés puisque touchant l’âme humaine.
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